RAPHAEL VENDOME
     RAPHAEL VENDOME

JEAN VENDOME

 

Jean vendome, raconté par son fils Raphael

Plus on parle de Jean Vendome, plus cela me rend heureux bien que je ne sois jamais cité dans ces articles. Je suis le masque de fer du 21éme siècle.

Qu’importe ! on nait, on vit, on meurt, je ne suis pas celui qui cherche sans cesse des lauriers derrière l’œuvre de Jean Vendome, même si je l’ai épaulé durant 27 ans, car l’artiste, c’était lui et uniquement lui. Alors pourquoi, cela me rend si heureux ?, tout simplement car il le mérite, son œuvre ayant commencé par lui et se terminant par lui, bien qu’une suite eût été envisagée pour nous, ses enfants, nous sommes à mille lieues de son talent, de ses nombreux prix nationaux et internationaux, jamais nous avons représenté France aux expositions universelles, ni même été nommé chevalier des Arts et Lettres et encore moins inscrit en nos nom et prénoms dans le dictionnaire Larousse, bref, il faut l’avouer, nous ne pourrons jamais faire aussi bien.

 

Me replongeant dans les souvenirs de ma jeunesse, bénéficiant de rencontres exceptionnelles, toujours par l’intermédiaire de mon père, je me rendais compte que c’était uniquement l’artiste qu’ils venaient voir. Moi, je n’étais que la chaise ou le bureau, qu’importe ! ils étaient là, bien réels, alors moi, la chaise ou le bureau étions aux anges pour tous ces instants magiques et privilégiés.

Avoir un magasin dans la rue Saint Honoré à 50 mètres de la Place Vendome, c’est être à proximité des plus grands palaces parisiens.  Pas un jour sans que nous ne croisions une célébrité du cinéma international, de la chanson, des grands artistes et créateurs, et des personnages du monde politique. Souvent, certains s’arrêtaient pour admirer nos vitrines, d’autres osaient pousser la porte, c’était aussi simple que cela, car Jean Vendome, timide de son état, n’était pas un personnage public, ni un mondain, il détestait cela et n’en n’avait pas le temps, c’était une véritable machine à créer, d’ailleurs, le plus naturellement possible, une évidence.  

Alors pourquoi et comment cela se passa t’il ainsi ? Soit, il fut peut-être comme certains, un élu de DIEU, pour accomplir et laisser une œuvre. Recevant une éducation religieuse intense par ses parents, des protestants pures et dures, il restera croyant toute sa vie et deviendra même très pratiquant vers la fin de sa vie. Ou alors, durant la guerre et pour raisons de santé, âgé de 11 ans, il fut placé à la campagne, très loin de ses parents, rien que d’y penser, cela me fait de la peine, lui, issu d’une famille aimante. Ce manque pour le tout jeune hyper sensible devait lui provoquer une immense tristesse. Seul, en exil au centre d’un petit village de l’Ain, perdu en plein milieu des champs à perte de vue sur 360°, prisonnier dans l’ennui et la solitude, il devait s’occuper l’esprit à observer la nature, à comprendre et apprécier le graphisme dans une organisation où l’asymétrie est régnante avec le sens de l’équilibre parfait dans ce monde du végétal et le mariage des couleurs, une telle harmonie dont il est impossible d’atteindre ce niveau de perfection, mais de s’en approcher, c’est le but.

Ces images, imprimées dans sa mémoire, il les utilise dans sa création, lui, très à l’aise dans l’art abstrait, l’équilibre et le positionnement des pierres dans sa vision en 3D. Ainsi cet exil initiatique dans sa jeunesse campagnarde, fut finalement bénéfique, malgré séquelles de la haine de l’ennui et de la solitude.

Deux années plus tard, il reviendra chez lui, refusant de retourner à l’école pour ne pas se retrouver avec des plus petits et reprendre la classe qu’il avait laissé.  L’automobile étant sa passion, il souhaita travailler de ses mains, pour devenir carrossier mais sa mère n’envisageait pas de voir son fils avec des mains sales en permanence, alors il fera un apprentissage chez un oncle Joaillier.

Cet oncle, voulait faire plier et mater son neveu au caractère bien trempé, dur comme l’acier, mais n’y parvint jamais sur son alter ego. Malgré une grande fâcherie, bien plus tard, ces deux hommes garderont mutuellement un profond respect.  

Son métier, il le fera au début sans grande passion.  Complètement autodidacte, il aura une démarche intellectuelle, une soif d’apprendre, de comprendre, de connaitre et ce durant toute sa vie. Commençant par l’étude de l’horlogerie et la gemmologie, le plaisir du bijou lui viendra bien plus tard, après une crise de conscience puis dès qu’il sera libéré de ses commandes pour les grands joailliers de la Place Vendome. Il fut, contrairement à ce que je viens de lire dans des articles, une grande main en joaillerie très appréciée.

 

Voilà comment Ohan TUHDARIAN, Ohan, Johan, c’est-à-dire Jean, devint Jean Vendome.

 

Dire de lui que c’était un sculpteur, c’est réduire la vision à l’histoire de la joaillerie vers le bijou classique. Pourtant l’art du bijou contemporain en fait partie. Le joaillier à la différence du bijoutier est celui qui monte les pierres. Le secret de mon père était de se mettre totalement au service de la pierre. Jean Vendome fut un joaillier, un point c’est tout.

Il aimait tant la compétition, mais jamais contre les autres, uniquement contre lui-même, aller plus loin, pour, je le pense, s’en étonner lui-même. Son maitre mot, fut « Et après » tout ce qui c’était passé avant avait peu d’importance, seul son parcours créatif, ses projets étaient les vecteurs de sa vie.

A l’âge de 43 ans, suite à un grave accident de voiture, il souffrait atrocement de séquelles pré et post amputation d’une jambe, beaucoup de bijoux furent fabriqués dans la douleur et l’épuisement total. Assis à moins de 2 mètres de lui, je l’entendais trop souvent gémir et cela me perçait le cœur, il n’y avait rien à faire contre le phénomène du membre fantôme.

Intelligent et extrêmement intuitif, puis, charmeur et émouvant, émotif, gentil et généreux, il fut aussi, le dur, voir le très dur, le diable incarné, sachant faire mal là où ça fait le plus mal, Sans arrêt, l’esprit en ébullition, il devait avoir des idées flash, surtout ne pas perdre la spontanéité dans une création en restant dans l’idée initiale afin de conserver toute la force dans le visuel tout en évitant le piège d’en rajouter. Lorsque j’ai lu dans certains articles qu’il travaillait dans la rapidité, bâclant même son travail, n’ayant pas le temps de sertir les pierres, alors collées à « même le métal » J’ai bondis de colère. Expliquez-moi comment peut-on sertir des minéraux bruts ? mon père avait le souci de la pérennité de ses bijoux toutes les pierres étaient solidement introduites dans un manchon épousant leurs formes, puis collées le plus solidement possible, les opales étant d’une fragilité extrême. Aucun sertisseur ne prend la responsabilité de la casse d’une pierre qui ruine entièrement la construction du bijou. 

Le beau chez lui n’est pas le bizarre, même dans le sens baudelairien. Par contre, personne n’a employé le mot que Jean Vendome aimait tant : esthétisme. Pourquoi ?  Faut-il que nous vivions un monde si laid pour que la beauté soit vue comme une bizarrerie ! je m’insurge totalement contre cette idée, par contre, dire que Jean Vendome est un poète, oui et complètement. Parler du « bizarre » pour Roger Caillois, c’est ne pas le connaitre et ne pas le comprendre, Roger avait certes une vision surréaliste et trouvait dans certaines pierres de son immense collection des messages symboliques, voir simplismes parfois, il a passé toute sa vie à démontrer que le bizarre n’existe que dans l’imaginaire, qu’il y a une logique dans tout et surtout dans ce qui parait le plus mystérieux, démystifiant absolument tout par son esprit cartésien. C’est justement le concept de l’esthétisme qui rapprocha Roger Caillois de Jean Vendome. Les mots pour Roger, la création de bijoux pour Jean, leurs regards dirigés dans la même direction, celui du monde minéral, de la beauté dans la nature et la gourmandise pour les plaisirs simples de la vie.

La créativité de Jean Vendome était liée de son domicile et à son atelier, ailleurs, il en était totalement incapable, vivant presqu’une vie monastique, aucun décrochage ne lui était permis. Le soir après diner, se mettant dans son canapé face à la télévision, un plateau posé sur son ventre, des feuilles A4, ses feutres de couleurs, et tant qu’il ne sombrait pas dans le sommeil, sortait une vingtaine ou quelque fois plus, des projets de bagues durant le passage d’un film policier, ou d’une histoire d’amour au dénouement heureux, alors le grand sensible ne pouvant pas se retenir, de longues larmes dévalaient son visage en descendant par les joues.

Puis le matin, de retour dans son minuscule atelier du magasin, un foutoir indescriptible composé d’outils enchevêtrés, de boites oubliées, renfermant des projets avec des minéraux collés sur de la pâte à modeler, l’ensemble recouvert par une enveloppe de poussière gris souris, dû à un travail constant et intense. Le bloc moteur ne tenant jamais ce rythme infernal finissait par rendre l’âme, comme sa cheville, comme ses peaux, comme ses blouses.

 

Son espace était tellement réduit que tout était à portée de main, même pas de quoi poser un verre, sauf sur sa cheville. Dans un coin, ses lunettes, si précieuses, car sa vue baissait au fil du temps, perdues au milieu d’un amas de pinces et limes, formées par usure à sa main en devenaient ainsi le prolongement, et ses yeux par la même occasion. A sa gauche, l’ultrason, ce bac rempli d’eau savonneuse, servait principalement pour refroidir nette une brasure, d’un « Pshioutt » avec sa pince à feu tenant le métal, ensuite, tâtant par deux doigts la chaleur pour qu’un apprenti, arrivant à la rescousse puisse le dérocher.

Toutes sortes de bruits sortant de son atelier avaient leur singularité, de l’action sur le crapaud pour gonfler la vessie du chalumeau, au martelage furieux sur le métal, au sciage d’une tranche d’agate, ou d’un coquillage, au vrombissement du moteur d’un polissage à la petite chamoisine, des coups de scie, des frottements de limes, puis, lorsque le bruit s’arrêtait net, comme pour les nourrissons ce n’était jamais normal.  Sans qu’il me demande quoi que ce soit, délaissant immédiatement ma comptabilité, le voyant plié en deux, chalumeau en main avec une flamme de 15 cm pour éclairer la moquette autour de ses pieds, cherchant le petit bout d’or qui lui avait échappé, une pierre de couleur ou le petit brillant. Je vins à sa rescousse, plongeant à quatre pattes sous l’établis avec une lampe de poche, je scrutais chaque centimètre de la moquette, espérant retrouver le minuscule objet qui s’était fait la poudre d’escampette, ceci pour bien énerver mon père et le stopper dans la fabrication du bijou.  Ces bruits sortant de son atelier étaient ceux de la vie, du travail acharné, de la naissance d’un nouveau chef d’œuvre, dans ce lieu mythique et inconfortable, fort glacial l’hiver et très étouffant l’été.

Durant des années, j’ai travaillé dans l’ombre de l’artiste, ce fut mon choix, faire partie d’une équipe et oui ! l’équipe, cela l’on n’en parle jamais dans les articles, et on ne l’imagine même pas. La majeure partie de ses créations en pièces uniques, furent réalisées seulement par Jean Vendome, L’atelier avait la charge des commandes en pièces courantes, c’est-à-dire celles fabriquées en multiple, les réparations, les courses d’un fournisseur d’apprêts ou des prestataires comme le sertisseur, la polisseuse, et les services de la Garantie.

Au fil du temps, cette équipe était mouvante, les embauches ou les démissions se succédaient. La fierté d’être admis chez un joaillier atypique et tellement anti classique demandait un effort constant, chaque jour était un combat, un challenge, car l’artiste menant son équipe sur un train d’enfer n’avait aucune patience, pas la moindre et demandait à tous la même exigence que pour lui-même c’est-à-dire la même énergie et force ; non seulement il fallait pouvoir le suivre, mais savoir aussi encaisser son regard noir, la puissance de sa voix, ses colères, bien plus puissantes que le cyclone Erika, surtout bien comprendre  ses explications. Si certains abandonnèrent le navire, ils avaient conscience et regret de perdre un enseignement précieux unique. Bien plus tard, les rancœurs oubliées, ils avouèrent avoir appris un métier, fiers d’avoir été apprenti chez Jean Vendome, excellent Maitre d’apprentissage, pour ces jeunes à dégrossir, forger, et former de futurs professionnels.

 

Souvent, je l’interrompais dans son travail pour qu’il vienne se présenter aux clients importants, tel le cuisinier intervenant lors de la fin d’un repas pour saluer chaque table. Mais lui, fringué d’une blouse blanche, tachée par les heures de polissages, le visage, zébré de traces de polissages, tel le cheyenne partant au combat, les mains (bien plus noires que le mineur sortant de sa mine de charbon) fixés par des traces de colle et d’or oxydé par les brasures. La vision de l’artisan et artiste créait pour le client, une très grande impression et aussi une belle émotion n’hésitant pas une seconde à lui faire la bise en sortant un « you are Genius », puis se faisant photographier à ses côtés pour marquer à tout jamais, cet instant magique, l’honneur de rencontrer le Maitre, et le sentiment de rapporter dans leur foyer, l’objet qui marquera à tout jamais ce beau voyage.   

Travailler dans le beau, c’est tellement énergisant, puis revoir son œuvre des années plus tard, même une toute petite partie de ses créations, c’est se dire que j’y étais, témoin de l’ébauche de chacun de ces bijoux et de leurs résultats finaux, que maintes fois les tenant dans les mains, je les ai placés un par un en vitrine, jusqu’à la séparation pour d’autres mains, pour d’autres privilégiés. A l’époque, je ne me rendais plus vraiment compte, l’habitude tuant le regard, le fait de les revoir, maintenant, durant les expositions, me donnent l’impression de les découvrir.

Je suis né à un moment où il ne songeait pas du tout à être père, persuadé qu’un enfant serait un frein à la progression de sa carrière, je fus élevé chez mes grands-parents durant mes 3 premières années. Quelques décennies passées, lui ressemblant un peu trop, j’étais son miroir reflétant l’image qu’il n’aimait pas. Mais pour moi c’était mon papa, mon héros, et je l’aimais de tout mon cœur, cela ne fut pas réciproque. Sous influence, l’occasion se présenta pour qu’il me sorte de sa vie, un soulagement pour lui et pour moi, une blessure profonde qui restera purulente. 

Raphael VENDOME

  

De nombreux experts se trompent sur l'oeuvre de Jean Vendome.

 

Travaillant aux cotés de notre père, créant et fabriquant des bijoux pour la Maison Jean Vendome, nous utilisions mon frére Thierry et moi même qu'un seul poinçon, celui de Jean Vendome.

Les experts qui sont en charge de vendre ces bijoux et  les vendent comme des créations Jean Vendome.

 

Ces experts  sont incapables de faire les differences par manque de connaissance sur l'oeuvre de Jean Vendome.

 

La seule personne habilitée pour faire ces differences, pour connaitre l'intégralité de l'oeuvre de Jean Vendome, capable de donner les noms de toutes ses oeuvres, en bijoux, en sculptures, des pierres fines et minéraux, des datations précises, des méthodes utilisées, c'est moi et uniquement moi.

 

Je suis l'expert Jean Vendome le plus légitime dans le sens que j'ai grandi dans l'evolution de son oeuvre.

 

Et je suis son fils.

 

J'ai le soucis de défendre l'oeuvre de Jean Vendome, je certifie son travail et j'annonce également ce qui n'est pas de sa création, ni de sa fabrication. 

Mes coordonnées

RAPHAEL VENDOME

5 rue des Granges

95430 AUVERS SUR OISE

Tel Portable: +33 663 11 8834

Tel Fixe: +33 130 361387

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